page-header

Process Communication Model

Cet article est le premier que j’ai écrit sur la Process Communication. Eh bien, plus de 20 ans plus tard, je me dis qu’il tient encore bien la route. Mon éditeur me dirait : « Trop de style Jérôme ! Va droit au besoin du lecteur ». Je réponds : « Bah… ce monde a besoin d’un peu de poésie et de style ! »Bonne lecture. Et surtout si çà vous plait : partagez !

Process Communication Model : Six langages à apprendre seulement !

Cogito ergo sum… c’est du latin. Pourtant Descartes, celui qui a dit ça, pensait en Français…  C’était l’époque bénie où l’on écrivait dans une langue morte pour crédibiliser son propos… les choses n’ont guère changé… il est tellement important de crédibiliser son propos que pour avoir la possibilité de croire, il faut d’abord avoir prouvé par une étude, un audit. Nous en faisons des simagrées pour nous faire comprendre… pourquoi me demanderez-vous… parce si je me veux me faire comprendre, il faudra bien que je me fasse d’abord entendre… et pour que vous m’entendiez, j’ai intérêt à utiliser les codes les plus simples et accessibles pour mes interlocuteurs… ça s’appelle communiquer. Lorsque Freud eut l’instinct de l’existence de l’inconscient, les tenants du savoir sérieux, les scientifiques, les chercheurs qui cherchent (non pas pour trouver mais pour prouver) l’ont appelé « Pornocrate ». Freud pourtant avait ouvert une brèche qui ne s’est plus jamais refermée. Freud nous a montré, sans le prouver, certes, que la vie humaine est moins simple qu’une équation scientifique.

Il ouvrit ainsi la porte de la pensée moderne, celle qui ne réduit pas l’intelligence au QI. Celle qui s’ouvre à la relativité et à la théorie du chaos. Vertigineux retour en arrière pour certains, lucidité qui permettra d’aller à nouveau de l’avant pour d’autres. Nous ne sommes plus rassurés mais sommes redevenus des humains avec un droit au mystère, un droit de ne pas se résumer à une analyse… le droit de considérer les émotions aussi importantes que la raison.C’est d’ailleurs amusant de constater que les personnes qui font une psychanalyse disent : je suis en analyse… une analyse, le mot rassure… pourtant, s’il y a bien une chose qu’on ne fait pas en psychanalyse c’est analyser… Il s’agit plus d’un voyage que d’une explication. Dans les années 70, dans une université de psychologie comportementale de Californie, à Palo Alto, les équipes de Paul Ware Ph. D. travaillaient sur les difficultés que nous connaissons pour communiquer les uns avec les autres. Pour nous comprendre, c’est-à-dire nous entendre…
Nous entendre ! Encore faut-il se donner  la précaution d’écouter.
Paul Ware a fait une découverte intéressante : Placez cinq ou six personnes dans une salle, montrez-leur le tableau des Tournesols de Van Gogh et posez-leur la question suivante : « Que pensez-vous de ce tableau ? »  Vous obtiendrez, bien sûr, autant de réponses différentes que de personnes présentes et en écoutant de près vous entendrez qu’elles n’ont pas intégré la question du tout de la même manière.

Certains répondront sur le registre raisonné de la Pensée en vous disant ce qu’ils savent de ce tableau, ce qu’ils comprennent, ce qu’ils en apprennent, comment ils l’analysent ou le jugent.Peut-être vont-ils demander pourquoi vous posez cette question parce qu’ils pensent que tout ici-bas doit avoir un sens…

D’autres vous répondront sur le registre chaleureux de l’émotion en vous disant ce qu’ils ressentent, l’effet que leur fait ce tableau, ils vous décriront les couleurs qu’ils aiment le plus ou le moins et vous demanderont à votre tour de vous exprimer. Ils en profiteront pour créer une relation avec vous…

D’autres encore vous répondront sur un troisième registre énergique et puissant, celui de l’action. Ils feront une blague pour vous faire rire. Ils vous demanderont combien ça coûte un tableau comme ça ou à quoi sert votre question… Ils pourront aussi choisir de vous répondre par une phrase courte ou un seul mot parce que ça ne sert à rien de donner un avis.

Paul Ware, constatant ces trois modes de perception et d’expression distincts en a tiré la conclusion que nous pouvions faciliter la relation et la compréhension de nos messages en frappant à trois différentes « portes » de langage : la porte de la pensée pour ceux qui analysent et se font un avis avant de décider, la porte des ressentis pour ceux qui ressentent avant de décider et la porte des comportementspour ceux qui expérimentent et agissent avant de décider. Paul Ware en parle un jour à son collègue et ami Taibi Khaler .
Le docteur  Taibi Kahler  a développé un puissant modèle de thérapie et de communication appelé le PCM, Process Com Model®. Il a de son côté, identifié 6 types de personnalités qui, différents par essence, sont présents en chacun d’entre nous dans notre structure de personnalité. Les six sont là mais pas dans le même ordre. Khaler valide les observations de Ware : en effet, certains réfléchissent avant de ressentir puis expérimentent. D’autres expérimentent, analysent le résultat et ressentent enfin. D’autres écoutent ce qu’ils ressentent avant de se faire une opinion puis expérimentent.Etc.

Partagées et différentes
Il existerait selon Taibi Kahler 720 structures de personnalités possibles (attention je n’ai pas dit personnalités mais « structure de personnalité »). La personnalité se façonne aussi avec l’histoire familiale et personnelle de l’individu, il ne s’agit pas ici de mettre les gens dans des boîtes.
6 types de personnalité partagés dans un ordre différent, soit 6x5x4x3x2x1 = 720 combinaisons possibles. En corrélant l’approche de Ware et la sienne, il valide non plus trois, mais six perceptions et identifie pour chacun un type de personnalité perception dont c’est le langage principal : 

Dans la Pensée :
Le type Persévérant : conscience, dévouement, capacité d’évaluation, qui observe et juge pour pouvoir agir en confiance avant toute chose.
Le type Travaillomane : organisation, sens de la responsabilité et logique, qui rassemble les informations et les faits avant toute chose.

Dans l’émotion :
Le type Empathique, chaleur humaine, compassion et sensibilité qui a besoin de sentir les choses et les gens avant toute chose.

Dans l’action :
Le type Promoteur, résilience, adaptabilité et persuasion qui a besoin de défis avant toute chose.
Le type Rebelle, spontanéité, sens ludique et créativité qui a besoin de réagir aux évènements et de stimuler les autres avant toute chose.
Le type Rêveur, calme, imagination et introspection qui a besoin de recul et de distance, paradoxal car tourné à la fois vers l’utile et l’abstrait.

Ces six types cohabitent en chacun de nous comme autant de ressources disponibles. Et c’est la bonne nouvelle : car nous pouvons toujours espérer être entendu par autrui puisque nous partageons les mêmes ingrédients de personnalité. Alors pourquoi arrive-t-il que ça ne marche pas ?Et bien parce que nous passons le plus clair de notre de temps à n’utiliser que deux ou trois des ressources de nos six types… les premiers par ordre de priorité dans notre structure…

Imaginons un dialogue entre une personne plutôt tournée Pensée et une autre plutôt tournée Action :
« Que penses-tu que nous devrions envisager d’abord pour résoudre ce problème ?»  dit le premier,« Je vais te dire ce qu’on va faire, on va commencer par téléphoner à Machin »
Imaginons maintenant la frustration ressentie par le premier qui attendait une proposition de méthode (axe pensée) lorsque son ami lui offre une solution (axe action).

Lorsque nous nous demandons d’où viennent toutes ces petites incompréhensions et frustrations du quotidien, avant de décider que c’est l’autre qui pense ou agit ou ressent mal les chose peut-être n’avons-nous tout simplement pas su parler à son type de personnalité majoritaire…Et ça… ça s’apprend…
Et vous alors, laine ou coton majoritaire ?

Une dernière petite citation pour la route : Il faut suivre ceux qui cherchent et fuir ceux qui ont trouvé !

Jérôme Lefeuvre
21 mars 1998

Français
FR